Récits d'expérience45 € totalFranceDerby

Derby Marseille - Monaco

Première au Vélodrome pour un derby du Sud, une place match fou où Monaco a tenu à neuf

ParisOM · 28 juin 2026

Prix total45 €
TrajetParisOM
Date28 juin 2026

Découvre le match en 2 minutes

récit court
3 min

Première au Vélodrome pour un derby du Sud, une place match fou où Monaco a tenu à neuf

.Marseille vit au diapason toute la journée. Dans les rues, dans les bars, sur les trottoirs, une ville entière tournée vers son club. Les soirs de match, l'atmosphère autour du Vélodrome n'a pas d'équivalent en France.J'ai galéré à trouver mon entrée. Faire le tour du stade quand on ne connaît pas, au milieu de la foule, c'est un exercice. Sur le chemin, les bus des supporters monégasques passent devant nous, encadrés par les CRS. Ce genre de scène, on ne la vit qu'au stade.Je rentre côté virage Sud, place à une cinquantaine d'euros, et la vue est superbe : j'ai les deux virages, le parcage monégasque et l'entrée des joueurs. Les Marseillais sortent sur Jump, mythique ici.Chaque virage a sorti sa bâche. Au Sud, les South Winners et les Dodgers ; au Nord, les Fanatics et les MTP. Ce sont les MTP qui m'ont le plus surpris : ils portent bien leur nom, une puissance vocale impressionnante. Les Fanatics, eux, misent davantage sur l'animation et la gestuelle.Le match démarre mal. Septième minute, Ben Yedder croise une frappe du gauche : 0-1. Coup de froid immédiat. Mais quatre minutes plus tard, Maripán est exclu pour une faute sur Vitinha. Monaco va jouer près de quatre-vingts minutes à dix.Aubameyang égalise à la 38e, après une longue vérification vidéo. Puis, dans le temps additionnel de la première période, Akliouche punit sur un contre : 1-2 à la pause, à dix contre onze.Balerdi remet tout à plat dès la 49e, d'une frappe lointaine à ras de terre. Le stade explose, les deux virages entrent en fusion, les latérales suivent. On se prend dans les bras. C'est le but libérateur.À la 87e, Zakaria prend un second jaune. Monaco finit à neuf.Et puis la dernière action. Veretout déborde, centre pour Vitinha, seul devant le but ouvert, gardien battu. Il contrôle du genou et rate tout. Stupeur dans le Vélodrome. Ça râle, ça insulte, ça crie. Un raté que soixante-trois mille personnes n'oublieront pas.2-2. Monaco tient à neuf contre onze. L'ambiance était superbe c'est le scénario qui a mis deux coups de froid : le but trop tôt, et ce raté à la fin.

Approfondir l'expérience stade

récit long
9 min

Une ville entière tournée vers son clubIl y a des villes où le football est une activité parmi d'autres. Marseille n'en fait pas partie.

Toute la journée, la ville est au diapason. Ça se sent dès qu'on arrive : dans les conversations, dans les maillots portés, dans les terrasses où l'on refait le match d'avant en attendant celui du soir. Face à l'OM, pour l'OM, Marseille ne parle que de ça. Cette omniprésence, on la connaît de réputation, mais l'éprouver sur place est autre chose.

Et puis vient l'approche du stade, qui est une expérience en soi. L'atmosphère des soirs de match au Vélodrome est très distincte plus dense, plus électrique que partout ailleurs en France. Beaucoup de monde, des flux compacts, une pression sonore qui monte à mesure qu'on se rapproche.

J'ai galéré pour trouver mon entrée. Faire le tour du stade quand on ne connaît pas les lieux, au milieu de cette foule, ça peut vite devenir compliqué. C'est le genre de détail qui ne se voit pas à la télévision et qui structure pourtant tout un déplacement : arriver assez tôt, savoir de quel côté entrer, ne pas se retrouver à contresens de dizaines de milliers de personnes.Sur le chemin, une scène qui rappelle où l'on est. Les bus des supporters monégasques passent devant nous, bloqués et encadrés par les CRS. Le dispositif est massif, les visiteurs progressent sous escorte. On assiste à ça de l'extérieur, presque spectateurs d'un cérémonial parallèle au match lui-même. Là encore, c'est une réalité du football de terrain qu'aucune retransmission ne montre.

Une place bien choisie

Je rentre côté virage Sud, pour une cinquantaine d'euros. Et le placement se révèle excellent.De là, j'ai tout : le virage Sud tout proche, le virage Nord en face, le parcage monégasque, et l'entrée des joueurs. Pour une première fois dans une enceinte, c'est précisément ce qu'il faut chercher — un point de vue qui permet d'embrasser l'ensemble plutôt qu'un angle confortable mais aveugle. Cinquante euros pour cette lecture du stade, c'est un bon investissement.Puis les joueurs sortent sur Jump. Ici, c'est mythique. Le morceau est indissociable du Vélodrome, et l'entendre résonner dans l'enceinte pleine, en le vivant pour la première fois, marque le début de la soirée.Deux virages, quatre groupes, deux philosophiesC'est ce que j'étais venu découvrir, et ça n'a pas déçu.Le Vélodrome fonctionne sur deux pôles. Au Sud, les Dodgers et les South Winners. Au Nord, les Fanatics et les MTP. Chaque virage a sorti sa bâche, chaque groupe a produit son animation. Le résultat est un dialogue permanent entre les deux extrémités du stade, une réponse qui va et vient d'un bout à l'autre pendant quatre-vingt-dix minutes.

Ce sont les MTP qui m'ont le plus surpris. Ils portent bien leur nom : la puissance vocale est réelle, dense, et elle porte. On les entend distinctement depuis l'autre côté du stade, ce qui n'est pas rien dans une enceinte de cette taille.Les Fanatics, eux, jouent sur un autre registre. Belle animation, gestuelle travaillée, une approche plus visuelle du soutien. Deux façons différentes de tenir un virage, et c'est ce contraste qui rend le Vélodrome intéressant à observer : ce n'est pas un bloc uniforme, c'est un ensemble de groupes avec chacun sa manière de faire.Un scénario qui commence malSur le terrain, l'affiche a de la gueule : Aubameyang d'un côté, Golovin et Akliouche de l'autre. Le genre de match de Ligue 1 qu'on vient chercher.Septième minute. Ben Yedder croise une frappe du gauche et trompe Lopez. 0-1.Coup de froid immédiat sur le Vélodrome. C'est le premier des deux moments qui ont refroidi la soirée : un but encaissé avant même que le stade se soit installé, avant que l'ambiance ait eu le temps de monter en régime. Soixante-trois mille personnes qui se lèvent pour rien, puis se rassoient.Mais quatre minutes plus tard, tout bascule. Maripán commet une faute sur Vitinha, l'arbitre sort le rouge. Onzième minute. Monaco va devoir jouer près de quatre-vingts minutes à dix.À ce moment-là, dans le stade, on se dit que c'est plié. Un homme de moins pendant quatre-vingts minutes, contre l'OM à domicile, ça ne devrait pas se terminer autrement que par une victoire marseillaise. La suite montrera à quel point cette certitude était naïve.Une première période à rebondissementsL'OM pousse, s'installe, profite de sa supériorité. Vitinha manque déjà une occasion sur un service d'Aubameyang. La domination est là, l'efficacité non.À la 38e, enfin. Aubameyang égalise de près. Mais le but n'est pas validé tout de suite : longue hésitation de la VAR, vérification interminable, ce moment suspendu devenu banal dans le football moderne et qui casse systématiquement l'élan des tribunes. Puis la validation tombe, et le stade se libère. 1-1.Sauf que Monaco, à dix, n'a rien lâché. Dans le temps additionnel de la première période, sur un contre express, Akliouche trompe Lopez. 1-2 à la 45e+4.On rentre aux vestiaires menés, avec un homme de plus. Le timing est cruel : encaisser juste avant la pause, c'est repartir avec de la frustration plutôt qu'avec de l'élan. Le Vélodrome ne comprend pas trop ce qui lui arrive.Le but qui fait exploser le stadeLa seconde période commence, et il ne faudra que quelques minutes.49e. Frappe lointaine à ras de terre de Leonardo Balerdi, qui trompe le portier monégasque. 2-2.Là, le stade explose.C'est le moment que je retiens de la soirée, celui pour lequel on fait le déplacement. Les deux virages entrent en fusion simultanément, le Nord et le Sud ensemble. Les latérales suivent, et c'est tout le Vélodrome qui se soulève d'un bloc. On se prend dans les bras, y compris avec des inconnus, parce que c'est le but libérateur — celui qui efface la frustration accumulée depuis la septième minute.Cette communion-là, dans une enceinte de cette taille, avec cette densité, c'est ce qui distingue le Vélodrome. Quand il bascule, il bascule entier.Monaco à neuf, et le Vélodrome qui pousseLe match aurait dû se terminer là, ou plutôt aurait dû basculer définitivement. Il n'en fut rien.Monaco, à dix depuis la 11e minute, ne se contente pas de défendre. Golovin oblige Lopez à intervenir, l'équipe garde une menace. Et l'OM, malgré sa supériorité, bute. Aubameyang voit une tentative croisée détournée par Köhn. Vitinha bute sur Salisu puis tire au-dessus.Puis, à la 87e, Zakaria prend un second jaune. Monaco finit à neuf.Il reste alors, avec le temps additionnel, une dizaine de minutes à jouer à onze contre neuf. Sachant que l'OM évolue déjà en supériorité depuis près de quatre-vingts minutes. Le stade y croit, pousse, exige. Tout le monde debout, tout le monde persuadé que le but va tomber.Le raté qui a glacé soixante-trois mille personnesEt puis vient la dernière action.

90e+4. Veretout réalise un bon travail sur son côté, déborde, et centre. Le ballon arrive sur Vitinha, dans la surface, à bout portant. Le but est ouvert. Le gardien est battu. C'est la balle de match, la victoire dans un derby, à domicile, contre une équipe à neuf.Il contrôle du genou. Et rate tout.

Stupéfaction. Le Vélodrome entier reste suspendu une seconde, incrédule, puis explose — pas de joie, de colère. Ça râle, ça insulte, ça crie. Tous les Marseillais autour de moi sont sous le choc. On ne parle pas d'une occasion difficile ratée : on parle d'un but ouvert, à quelques mètres, dans les dernières secondes d'un derby.

C'est le genre de moment qu'on n'oublie pas quand on l'a vécu en tribune. Pas à cause du geste raté lui-même, mais à cause de la réaction collective : soixante-trois mille personnes qui passent de l'explosion attendue à la sidération en une fraction de seconde.Coup de sifflet final. 2-2. Monaco repart avec un point, après avoir joué à dix pendant quatre-vingts minutes et à neuf sur la fin.Ce que je retiens du VélodromeL'ambiance était bonne, vraiment. Les quatre groupes ont tenu leur rang, les deux virages se sont répondus, le stade s'est embrasé sur le but de Balerdi. Sur le plan de la ferveur, le Vélodrome mérite sa réputation, et l'atmosphère de la ville un soir de match est unique en France.

Mais je dois être honnête sur un point : c'est le scénario qui a gâché une partie de la soirée. Deux coups de froid, aux deux pires moments. Le but monégasque à la septième minute, avant que le stade ait eu le temps de monter en pression. Et le raté de Vitinha à la dernière seconde, qui a transformé une possible explosion finale en colère collective.Entre les deux, il y a eu ce moment de joie pure sur le 2-2, et c'est celui-là que j'emporte. Mais un match, en tribune, ce n'est pas seulement l'intensité du public : c'est aussi ce que le terrain lui donne à vivre. Ce soir-là, le Vélodrome méritait mieux.