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Schalke 04, le géant endormi de la Ruhr

Pour voir Schalke, il faut aller à Gelsenkirchen, au cœur du bassin de la Ruhr, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à quelques kilomètres de Dortmund et de Mönchengladbach, deux autres places fortes du football allemand. Les deux fois où j'y suis allé, Schalke évoluait en Bundesliga.2. Un club de cette ampleur en deuxième division, c'est déjà une anomalie : l'un des plus gros clubs d'Allemagne, une fan base parmi les plus larges du pays, une identité immense et pourtant, loin de l'élite. C'est précisément ce paradoxe que je venais observer. Le 28 février 2025, un vendredi soir, direction la Veltins-Arena pour la rencontre Schalke 04 - Preußen Münster. Le stade est excentré, une bonne heure de marche du centre, et je me suis tout de même perdu dans les bois en tentant de le rejoindre. Prochaine fois j'utiliserai le GPS. Une approche singulière : on quitte la ville, on traverse les arbres, et l'arène surgit d'un coup. À l'intérieur, ses 62 000 places imposent d'emblée. Mais le premier vrai constat, c'est l'organisation autour du parcage visiteur. Peu de stewards, pas de plexiglas, pas de filet juste quelques agents entre les supporters locaux et ceux de Münster. Et pourtant, un vrai respect mutuel. Une culture du stade qui n'a pas besoin de barrières pour tenir. Mes voisins de tribune sont quatre Hollandais, eux aussi groundhoppers. On échange de longues minutes en avant-match sur nos terrains respectifs, et ils me confiront a la fin du match avoir été agréablement surpris par ce qu'ils ont découverent ici. Ces rencontres font partie du voyage autant que le match lui-même. Münster s'est déplacé en nombre, plus de 4 000 supporters un déplacement massif, comme souvent en Allemagne. Et l'ambiance est à la hauteur. Côté local, un hymne d'avant-match accompagné d'un tenu d'écharpes qui embrase tout le stade. Côté visiteur, un craquage spectaculaire : torches, stroboscopes, fusées. La fumée dérive jusqu'à nos tribunes, ce parfum de soufre qui colle aux soirs de match et qu'on n'oublie pas. Ballons, drapeaux et confettis aux couleurs du club complètent le tableau. Le match lancé, l'ambiance grimpe à son sommet. Côté Schalke, une puissance vocale qui prend tout le stade, des tribunes laterales actives qui suivent la NordKurve . Le tournant viendra du but dans les dernières minutes, mais aussi des gants. À la 86e minute, Pape Meïssa Ba offre la victoire à Schalke (1-0). Mais l'homme de la soirée, c'est Loris Karius. Ce 28 février marquait son retour dans le football professionnel allemand son premier match depuis exactement quatre ans, jour pour jour. Celui que tout le monde associe encore à la finale de Ligue des Champions 2018 et à ses deux erreurs face au Real signe un retour immaculé : cage inviolée et une double parade décisive dans le money-time pour préserver les trois points. Une rédemption à la dimension du club. Dans les dix dernières minutes, je me déplace vers la Nordkurve. Et là, une vraie gestuelle collective : la Nordkurve entière frappe dans les mains et saute d'un même mouvement. Une immense bassine, profonde, épaisse, où d'énormes drapeaux baignent dans la foule. Le cœur battant de Schalke. Je ressors en comprenant pourquoi Schalke figure parmi les stades sous-côtés à faire absolument. Pas le plus médiatisé, longtemps loin de l'élite et pourtant l'une des ambiances les plus solides que j'aie vues en Allemagne. Depuis, le club a retrouvé la Bundesliga : autant dire que cette atmosphère va devenir encore plus difficile à approcher. Mais le retour du derby Schalke 04 - BVB (Dortmund) est de retour, l'un des match les plus bouillant d'Europe, un immanquable. 12eHomme

Paris -> Schalke 04 · 03 juin 2026

Prix total101 €
TrajetParis -> Schalke 04
Date03 juin 2026

Approfondir l'expérience stade

récit long
4 min

Pour voir Schalke, il faut aller à Gelsenkirchen, au cœur du bassin de la Ruhr, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à quelques kilomètres de Dortmund et de Mönchengladbach, deux autres places fortes du football allemand. Les deux fois où j'y suis allé, Schalke évoluait en Bundesliga.2. Un club de cette ampleur en deuxième division, c'est déjà une anomalie : l'un des plus gros clubs d'Allemagne, une fan base parmi les plus larges du pays, une identité immense et pourtant, loin de l'élite. C'est précisément ce paradoxe que je venais observer.

Le 28 février 2025, un vendredi soir, direction la Veltins-Arena pour la rencontre Schalke 04 - Preußen Münster. Le stade est excentré, une bonne heure de marche du centre, et je me suis tout de même perdu dans les bois en tentant de le rejoindre. Prochaine fois j'utiliserai le GPS.Une approche singulière : on quitte la ville, on traverse les arbres, et l'arène surgit d'un coup.À l'intérieur, ses 62 000 places imposent d'emblée. Mais le premier vrai constat, c'est l'organisation autour du parcage visiteur. Peu de stewards, pas de plexiglas, pas de filet juste quelques agents entre les supporters locaux et ceux de Münster. Et pourtant, un vrai respect mutuel. Une culture du stade qui n'a pas besoin de barrières pour tenir.Mes voisins de tribune sont quatre Hollandais, eux aussi groundhoppers. On échange de longues minutes en avant-match sur nos terrains respectifs, et ils me confiront a la fin du match avoir été agréablement surpris par ce qu'ils ont découverent ici. Ces rencontres font partie du voyage autant que le match lui-même.

12eHomme photo : Veltins Arena
12eHomme photo : Veltins Arena
12eHomme photo : Parcage visiteur Munster
12eHomme photo : Parcage visiteur Munster

Münster s'est déplacé en nombre, plus de 4 000 supporters un déplacement massif, comme souvent en Allemagne. Et l'ambiance est à la hauteur. Côté local, un hymne d'avant-match accompagné d'un tenu d'écharpes qui embrase tout le stade. Côté visiteur, un craquage spectaculaire : torches, stroboscopes, fusées. La fumée dérive jusqu'à nos tribunes, ce parfum de soufre qui colle aux soirs de match et qu'on n'oublie pas. Ballons, drapeaux et confettis aux couleurs du club complètent le tableau.

Le match lancé, l'ambiance grimpe à son sommet. Côté Schalke, une puissance vocale qui prend tout le stade, des tribunes laterales actives qui suivent la NordKurve .Le tournant viendra du but dans les dernières minutes, mais aussi des gants. À la 86e minute, Pape Meïssa Ba offre la victoire à Schalke (1-0). Mais l'homme de la soirée, c'est Loris Karius. Ce 28 février marquait son retour dans le football professionnel allemand son premier match depuis exactement quatre ans, jour pour jour. Celui que tout le monde associe encore à la finale de Ligue des Champions 2018 et à ses deux erreurs face au Real signe un retour immaculé : cage inviolée et une double parade décisive dans le money-time pour préserver les trois points. Une rédemption à la dimension du club.

Dans les dix dernières minutes, je me déplace vers la Nordkurve. Et là, une vraie gestuelle collective : la Nordkurve entière frappe dans les mains et saute d'un même mouvement. Une immense bassine, profonde, épaisse, où d'énormes drapeaux baignent dans la foule. Le cœur battant de Schalke.Je ressors en comprenant pourquoi Schalke figure parmi les stades sous-côtés à faire absolument. Pas le plus médiatisé, longtemps loin de l'élite et pourtant l'une des ambiances les plus solides que j'aie vues en Allemagne.

Depuis, le club a retrouvé la Bundesliga : autant dire que cette atmosphère va devenir encore plus difficile à approcher. Mais le retour du derby Schalke 04 - BVB (Dortmund) est de retour, l'un des match les plus bouillant d'Europe, un immanquable.

12eHomme