Découvre le match en 2 minutes
récit courtPour la troisième journée de Ligue des champions, le LOSC recevait Galatasaray. Les deux clubs n’avaient encore pris aucun point. Un ailier de 19 ans en pleine éclosion, le retour d’un ancien de la maison et un scénario renversé à deux reprises.
Le match commence de la pire des manières pour Lille. Il faut à peine plus d’une minute à Galatasaray pour ouvrir le score : sur un ballon repoussé dans la surface, Yunus Akgün frappe et trompe la défense nordiste (0-1). Le parcage turc s’embrase.La réponse ne tarde pas. Titulaire pour la première fois en Ligue des champions, Soriba Diaoune part en dribble, se présente seul face au gardien et égalise (1-1, 7e). Lille reprend pied et ne lâche plus le ballon.À la 38e minute, Diaoune se retrouve à nouveau en position de frappe et signe un doublé (2-1). L’avantage ne dure pourtant que six minutes. Sur un centre de Roland Sallai depuis la droite, Aleksei Batrakov, totalement oublié au second poteau, égalise de la tête (2-2, 44e). Quatre buts en une mi-temps, un rythme élevé et un match ouvert : la pause arrive sur un score qui laisse tout possible.Osimhen ferme la porte après la pauseLe retour des vestiaires change tout. À la 52e minute, Gabriel Sara dépose un corner au premier poteau, (2-3). Lille, qui avait maîtrisé la première période, recule.Neuf minutes plus tard, Galatasaray fait le break. Après un une-deux avec Barış Alper Yılmaz, Victor Osimhen se présente face au gardien et conclut (2-4, 61e). L’attaquant nigérian ne célèbre pas et adresse un cœur avec les doigts en direction de la tribune. Il pense même marquer une seconde fois à la 69e minute, mais le but est refusé pour hors-jeu.Pour Galatasaray, c’est une première victoire dans cette phase de ligue, qui met fin à une série de cinq défaites consécutives à l’extérieur en Ligue des champions. Lille, reste à zéro point après trois journées.12eHomme
Approfondir l'expérience stade
récit longBus depuis Paris, métro saturé, fouilles au peigne fin et tribunes envahies. Pour mon premier match de Ligue des champions de la saison, la venue de Galatasaray à Pierre-Mauroy a transformé un déplacement classique en immersion dans une ferveur venue d’ailleurs.
Neuf passages à Pierre-Mauroy, mais aucun en Ligue des champions jusqu’ici et c’était la première fois que je voyais un club turc en déplacement, les supporters de Galatasaray ont la réputation de voyager en masse.
Le départ se fait de Paris en début d’après-midi, en bus, pour une dizaine d’euros. Coup d’envoi à 18h45. À l’arrivée à Lille, le plan se complique : le métro vers le stade est bloqué, saturé par les rassemblements de supporters turcs dans le centre-ville.
À l’entrée, les stewards vérifient sous chaque manteau, chaque veste, chaque pull qu’aucun maillot ni aucune écharpe de Galatasaray n’est dissimulé. Le club sait qu’une grande partie des supporters turcs seront présent dans les tribunes hors parcage, et veut éviter toute friction.
Dans l’enceinte, le bruit est déjà assourdissant. En face de moi, le parcage accueille officiellement 2 100 supporters, qui poussent leur équipe sans interruption. Puis vient l’annonce de la composition lilloise, et un moment inédit : pour la première fois, j’entends une équipe sifflée et huée à ce point dans son propre stade. Le ton de la soirée est donné.
Lillois contre Turcs, le match des tribunes
Au coup d’envoi, le kop lillois (DVE) soigne son entrée : DVE LILLE inscrit sur la tribune, quelques fumigènes et des stroboscopes. Côté visiteurs, aucune animation visuelle. Seulement du bruit, en continu.
Dès la deuxième minute, Galatasaray ouvre le score et le stade explose. Le grondement est celui d’un but à domicile, comme si Olivier Giroud venait de marquer. C’est à ce moment que je comprends : autour de moi, presque tout le monde supporte Galatasaray, et les rares Lillois du secteur semblent aussi surpris que moi. Dans le parcage, quatre ou cinq torches s’allument. Pendant quelques secondes, on se croirait à Istanbul.
L’égalisation lilloise. Le stade vibre de la même manière, cette fois pour les Dogues. S’ouvre alors un vrai duel vocal, chaque but appelant la réplique de l’autre camp. Au 2-1 lillois, les supporters turcs autour de moi pestent pendant que les Lillois exultent. Au 2-2, juste avant la pause, les rôles s’inversent.
La seconde période raconte une autre histoire. Galatasaray prend le large, et les tribunes lilloises calquent leur intensité sur celle de leur équipe. Hormis le kop, dont la puissance vocale baisse nettement, le stade ne pousse plus.
À la 70e minute arrive l’image de la soirée. Chaque supporter de Galatasaray allume le flash de son téléphone, pendant près de cinq minutes. Le stade s’illumine dans toutes les tribunes, jusqu’en haut du kop lillois où quelques lumières discrètes trahissent des intrus. Diaspora installée en France ou en Europe, voyageurs venus d’Istanbul : à vue d’œil, les Turcs dispersés dans le stade étaient deux à trois fois plus nombreux que ceux du parcage.
Malgré cette cohabitation, aucune altercation n’a éclaté en tribune, du moins dans ce que j’ai pu voir. L’accueil a été correct des deux côtés. Sur le parvis, après la victoire 4-2 de Galatasaray, la fête continue côté turc pendant que les Lillois rentrent chez eux dans le calme.
Reste le retour : trois heures de bus pour une dizaine d’euros. Au total, la soirée aura coûté 80 euros, dont 60 pour la place et 20 pour le transport aller-retour. Un tarif raisonnable pour une ambiance que peu de matchs de Ligue des champions en France offrent.
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