Récits d'expérience50 € totalFranceÀ faire une fois dans sa vie

L'hymne du chaudron

Écharpes tendues, tifo déployé, quatre tribunes qui partent ensemble. Ce que ça fait d'être dedans quand le Chaudron lance son hymne

Saint Etienne -> AS Saint Etienne · 11 août 2026

Prix total50 €
TrajetSaint Etienne -> AS Saint Etienne
Date11 août 2026

Approfondir l'expérience stade

récit long
2 min

Écharpes tendues, tifo déployé, quatre tribunes qui partent ensemble. Ce que ça fait d'être dedans quand le Chaudron lance son hymne

Ce qui frappe quand on est dedans, c'est le rythme. Et la comparaison avec les autres grands hymnes européens éclaire immédiatement ce qui se joue ici. Entraînant, sautillant, joyeux, presque dansant. On ne le reçoit pas, on l'accompagne, et on l'accompagne avec le sourire. C'est précisément ce qui explique que tout le monde chante à Geoffroy-Guichard, du noyau du kop jusqu'aux familles installées en latérale, des gamins jusqu'aux anciens qui l'entendaient déjà dans les années soixante-dix. Un hymne grave impose le respect et fabrique du silence autour de lui ; un hymne festif embarque tout le monde sans exiger qu'on sache le chanter. C'est le moment festif du Chaudron, celui où tout se met en place avant le coup d'envoi et où l'on comprend que ce qui va suivre appartient à l'ensemble de l'enceinte, pas à une tribune en particulier.

Nous sommes en avril 1976, deux jours après la qualification stéphanoise pour la finale de Coupe d'Europe à Glasgow. Le chanteur Monty, de son vrai nom Jacques Bulostin, se retrouve bloqué dans les embouteillages parisiens. Pour passer le temps, il adapte les paroles d'un de ses propres titres : le "Hello" devient "Allez", et le reste coule de source. Dix minutes d'écriture. Le résultat s'écoulera à quatre millions d'exemplaires et restera onze mois en tête des ventes.

Cinquante ans plus tard, le style musical n'a pas bougé d'un pouce, et c'est peut-être ce qui le rend si singulier. Aucune tentative de modernisation n'a jamais réussi à le remplacer, et le morceau résonne toujours à chaque entrée des joueurs dans le Chaudron. C'est une identité, une fierté du peuple vert, et un moment à vivre au moins une fois debout dans ce stade.

12eHomme