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GEOFFROY-GUICHARD : dix euros dans le Kop Sud pour les 90 ans des Verts

Geoffroy Guichard ce soir fête les 90 ans de l’AS Saint Etienne, AS: Un vendredi soir de Ligue 2, ce qu'on vit quand on entre dans un kop stéphanois un soir de célébration.SE - Rodez au chaudron, en Kop Sud.

Paris -> Saint Étienne (ASSE) · 10 mai 2024

Prix total10 €
TrajetParis -> Saint Étienne (ASSE)
Date10 mai 2024

Approfondir l'expérience stade

récit long
6 min

Geoffroy Guichard ce soir fête les 90 ans de l’AS Saint Etienne, AS: Un vendredi soir de Ligue 2, ce qu'on vit quand on entre dans un kop stéphanois un soir de célébration.SE - Rodez au chaudron, en Kop Sud.

Ce n'était pas ma première fois à Geoffroy-Guichard. Un mois plus tôt, le 6 avril, j'avais déjà fait le déplacement pour la réception de Concarneau, avec le cortège des Green Angels et un superbe tifo déployé sur toute la tribune latérale. Le Kop Sud fêtaient alors les 90 ans du club à leur manière. J'étais reparti avec l'envie d'y retourner rapidement, et surtout d'y retourner autrement : cette fois, ma place serait dans le kop. Car les Magic Fans (Kop Nord) avaient annoncé qu'ils célébreraient les 90 ans de l'ASSE de leur côté, pour le dernier match à domicile de la saison. Deux groupes, deux dates, deux célébrations séparées d'un même anniversaire. C'est une particularité stéphanoise qu'on comprend mieux en y étant : les groupes coexistent sans se confondre, et chacun marque le coup à sa façon. Dix euros en Kop Sud. Une vingtaine d'euros de bus depuis Paris pour la descente. Coup d'envoi à 20h45 ce vendredi 10 mai, 37e journée de Ligue 2, l'ASSE reçoit Rodez dans un match qui compte pour la montée. Un déplacement à une trentaine d'euros tout compris pour aller vivre ce qu'on présente comme la meilleure ambiance de France : le calcul se fait tout seul.

J'arrive au stade vers dix-neuf heures, avec une heure trente d'avance. C'est une habitude que je prends systématiquement, et elle n'a rien de gratuit : dans un kop, ce qui se passe avant le coup d'envoi fait partie intégrante de la soirée. Sur le parvis, on découvre ce bloc massif. Geoffroy-Guichard n'est pas un stade posé dans une zone commerciale : c'est un lieu chargé d'histoire, avec une véritable âme, celle du football autant que celle du supportérisme français. Le club est aussi historique par ses résultats que par ses supporters, et ce soir, c'est le combo parfait. Un club qui souffle ses quatre-vingt-dix bougies, un kop qui a préparé quelque chose, et une place au cœur de la tribune.

Je pars d'un principe que j'applique partout où je vais : en entrant dans une tribune de supporters, je prends la place d'un supporter local. Donc je respecte ma place et l'endroit où je me trouve. C'est ce que j'ai fait à Nantes, à Paris, à Prague, à Dortmund, et c'est ce que je ferai ici. Concrètement, ça veut dire une chose simple : je participe. J'aiderai à l'animation de la tribune comme n'importe qui d'autre. On ne vient pas dans un kop pour regarder, on vient pour faire partie de ce qui s'y produit.

En arrivant, les deux noyaux des groupes sont déjà là, chacun dans son kop. Les Green Angels d'un côté, les Magic Fans de l'autre. Le stade est encore loin d'être plein, mais eux sont en place, et le travail a commencé.Le temps passe, et on lit les consignes inscrites sur les feuilles distribuées pour le tifo. Plusieurs feuilles ce soir, plusieurs animations différentes, chacune numérotée : une, deux, trois, quatre. Il va falloir suivre les consignes du groupe au bon moment, sans se tromper, sinon l'image se casse. C'est une mécanique que peu de gens imaginent quand ils regardent un tifo à la télévision : des milliers de personnes qui doivent lever le bon carton à la bonne seconde, sur la seule foi d'un numéro imprimé sur une feuille.

Et en face, les Magic Fans ont préparé quelque chose à la hauteur de l'événement. Tout le Kop Nord en poncho aux couleurs du club, vert et blanc, puis une animation qui déploie les différents logos historiques de l'ASSE, quatre-vingt-dix ans d'identité visuelle résumés en une image. C'est le plus beau tifo que j'aie vu cette saison, et je pèse mes mots après une année complète de déplacements.

Le match, lui, se soldera par un 1-1 qui n'arrangera personne dans la course à la montée. Mais ce n'est pas pour ça que j'étais venu. Ce que je retiens, c'est l'ambiance, et un moment précis en particulier. Quand tu es dans le Kop Sud et que tu reçois de plein fouet l'échange du Kop Nord, quand les deux virages se répondent d'un bout à l'autre de l'enceinte, c'est monstrueux. Les frissons montent sans qu'on les décide. Ce dialogue entre deux tribunes qui se relancent, c'est ce que peu de stades français parviennent encore à produire, et Geoffroy-Guichard le fait avec une évidence désarmante.

On dit du Chaudron qu'il est la meilleure ambiance de France, ou du moins l'une des toutes premières. Après y être allé deux fois en un mois, dans deux configurations différentes, je peux le dire : il mérite vraiment son statut, et quelle que soit la tribune où l'on se trouve. C'est la marque des grands stades. Ailleurs, l'expérience dépend beaucoup du placement ; ici, l'enceinte entière vibre, et on reçoit le son d'où qu'on soit.Une quarantaine d'euros aller retour en bus et 10 euros la place ,(50 tout compris , bus et match) , pour une soirée pareille. C'est le genre de rapport que le football français offre encore quand on sait où aller.

12eHomme